Chaque année, le 28 mai marque la Journée mondiale de la santé menstruelle. Une date encore peu connue, mais qui mérite d’être notée, sinon soulignée. Car ce qui se joue autour du cycle menstruel dépasse de loin la simple affaire de tampons ou de crampes. Il s’agit d’un angle mort de la santé des femmes et de la manière dont on choisit, collectivement, de l’ignorer.
À cette occasion, la Fondation Pharmaprix pour la santé des femmes a publié un sondage qui met des chiffres sur une réalité longtemps restée dans l’ombre : les douleurs inexpliquées, les diagnostics tardifs, les obstacles à des soins adaptés.
Des symptômes fréquents. Des diagnostics absents.
- Plus d’une femme sur quatre au pays rapporte des règles irrégulières, absentes ou excessives.
- Trois sur cinq, atteintes de troubles comme le SOPK ou en parcours d’infertilité, disent avoir dû insister, attendre, chercher longtemps avant d’être entendues.
- 85 % affirment avoir eu du mal à faire diagnostiquer une endométriose.
- Au Québec, c’est même 78 % et près de la moitié des répondantes ne connaissent pas ou peu le SOPK.
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Ils traduisent des années de douleurs banalisées, de rendez-vous inutiles, de diagnostics qui arrivent trop tard. Une forme d’aveuglement médical encore très présente.
Un tabou tenace
Parler de santé menstruelle, c’est encore tabou. Trop intime, trop gênant, trop féminin… donc trop facilement relégué au second plan. Résultat : des millions de femmes s’adaptent à des douleurs qu’on ne traite pas. Elles jonglent avec leur emploi, leur famille, leurs études. Elles minimisent, faute d’écoute.
Le problème, ce n’est pas juste l’endométriose ou le SOPK. C’est tout le système autour. L’éducation déficiente. Le manque de formation des professionnels de la santé. Le réflexe de traiter au lieu d’expliquer. La honte qui fait taire.
Et maintenant ?
La bonne nouvelle, c’est qu’on en parle. La mauvaise, c’est qu’on en parle encore trop peu. Il faut plus que des journées symboliques pour faire bouger les choses.
La Fondation Pharmaprix mise sur des actions concrètes : près de 2,6 millions $ investis depuis 2022, des millions de produits distribués à travers le pays, des efforts accrus pour élargir l’accès aux soins.
Mais le changement passe aussi par les conversations. Les vraies. Celles qui commencent entre collègues, dans les classes, dans les salles d’attente. Celles où on prend le temps d’écouter, sans juger.
Parce que non, ce ne sont pas « juste des règles ». C’est un signal de santé. Un sujet de société. Un test de notre capacité à écouter… vraiment.
