Battant son plein depuis le 16 juillet, la 29ᵉ édition du Festival Fantasia se déroule à Montréal jusqu’au 3 août prochain, avec plus de 125 longs-métrages et 200 courts-métrages. Voici nos trois coups de cœur jusqu’à présent :
Eddington d’Ari Aster
Cette année, le festival a démarré en fanfare avec Eddington d’Ari Aster. Ce film politique et satirique a pour trame de fond la pandémie. Supporté par une distribution exceptionnelle (Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Emma Stone, Austin Butler), ce (très_ long-métrage (3h!) est considéré comme un néo‑western, aussi comique que sérieux. Mêlant humour noir et satire sociale, Eddington met en scène une guerre idéologique immergée dans les tensions de son époque, entre désinformation, mouvements sociaux antivax et wokisme. Un film audacieux et percutant sur les fractures contemporaines
La mort n’existe pas de Félix Dufour-Laperrière
Ce film d’animation québécois est d’une beauté rare. Ce qui frappe, mis à part la qualité exceptionnelle des dessins tous faits à la main, est le scénario d’une justesse et d’une poésie à couper le souffle. Militantisme, culpabilité, amitié, amour et engagement : ces thèmes sont superbement explorés par ce long-métrage résultat de plus de 5 ans de travail. Une œuvre exigeante sans être hermétique, tendre et dure, à voir absolument.
Noise de Kim Soo‑jin
Les films d’horreur les plus terrifiants et sanguinolents se retrouvent à Fantasia. Celui-ci ne fait pas exception. Premier long-métrage de Kim Soo‑jin, Noise met en scène une atmosphère oppressante, quasi claustrophobe, dans un immeuble où les tensions entre résident.e.s montent. Comme le suggère le titre, le design sonore a fait l’objet d’une attention particulière dans la création de l’ambiance angoissante. Élément central des films d’horreur, mais particulièrement de celui-ci, le son devient ici un personnage à part entière qui amplifie l’inconfort de l’audience. Le film privilégie une lente montée de la tension plutôt qu’une abondance de sauts ou de maquillage effrayant pour un résultat franchement brillant.

La 29e édition du Festival Fantasia
Cette nouvelle édition frappe fort, mélangeant satire politique acérée, animation poétique et horreur grinçante :
- Eddington fait une ouverture spectaculaire qui donne le ton pour le reste du festival. Un film ambitieux qui risque de diviser le public autant qu’il suscite son intérêt.
- La mort n’existe pas offre un moment artistique marquant qui donne ses lettres de noblesse au cinéma d’animation. Un film bouleversant sur des enjeux de son temps.
- Noise démontre qu’un premier film peut innover au sein du genre en combinant aspects sociétaux et sensations fortes.
Montréal, pour cette dernière semaine de festival: Fantasia est LA destination incontournable pour les amoureux de cinéma de genre (en tous genres), audacieux et diversifié.