De la toile à l’argile, du geste à la couleur, Manuel Mathieu a bâti une œuvre où se croisent mémoire, histoire et matérialité. Aujourd’hui, l’artiste haïtien ouvre un territoire inattendu : celui de l’olfaction. Avec la naissance de Manuel Mathieu Parfums (MMP), il fait du parfum un médium artistique, une matière invisible mais sensible, qui raconte autrement son rapport au monde.
Trois fragrances, trois récits
Pour le premier chapitre de sa maison, trois créations se révèlent : île noire, ECCCO et Dsire. Chacune traduit un fragment de récit personnel (renaissance, transformation, sensualité), et s’adresse à l’universel. Aux côtés de Juliette Karagueuzoglou, Nez reconnue et vice-présidente parfumeur chez IFF, Mathieu a façonné ces compositions comme on compose une toile : par couches successives, par associations inattendues, par éclats de mémoire.

Le flacon comme sculpture
Ici, l’objet ne se contente pas de contenir le parfum. Modelé à partir d’une sculpture en argile signée Mathieu, le flacon prolonge son geste artistique. Entre rugosité et raffinement, entre organique et construit, il témoigne de cette tension qui traverse toute son œuvre plastique.

Héritage et savoir-faire
La collection a vu le jour à Grasse, berceau de la haute parfumerie, dans l’Atelier du Parfumeur IFF, avant d’être mise en bouteille par Bougie & Senteur. Elle a été dévoilée au printemps dernier, puis présentée officiellement à Montréal le 3 septembre. Depuis la mi-août, elle est disponible chez Etiket, à Montréal et Toronto, adresse emblématique où s’entrelacent luxe et authenticité.
Avec cette collection inaugurale, Manuel Mathieu dépasse le cadre de l’atelier. Il invente un langage sensoriel où le parfum devient architecture liquide, espace intime, récit à respirer. Chaque fragrance est une œuvre à part entière, un voyage où mémoire et imagination se rejoignent.