Une part manquante met en vedette Romain Duris, Judith Chemla et la jeune Mei Cirne-Masuki. Le long-métrage du réalisateur Guillaume Senez aborde les difficultés liées aux séparations avec enfants au Japon.
Synopsis
Chaque jour, Jay parcourt Tokyo au volant de son taxi à la recherche de sa fille, Lily. Séparé depuis neuf ans, il n’a jamais réussi à obtenir sa garde. Alors qu’il a perdu espoir de la revoir et qu’il s’apprête à rentrer en France, Lily monte soudain dans son taxi…
La garde des enfants
Ce que j’ai appris avec Une part manquante, c’est que, contrairement au Canada, la justice japonaise n’accorde pas de garde équitable aux parents et ne privilégie pas systématiquement la mère non plus.
« Après un divorce, et indépendamment de la nationalité, seul un parent se voit attribuer la garde d’un enfant japonais, à moins que les parents se mettent d’accord pour partager la garde en dehors des tribunaux (Hurights Osaka, 2022).
« Cela met le parent à qui la garde n’est pas attribuée à la merci non seulement du parent qui jouit du droit de garde mais aussi à celle du système juridique. Dans les cas extrêmes, les parents qui n’ont pas la garde ne peuvent en aucun cas voir leur enfant ou recevoir des photos pendant son enfance (Hurights Osaka, 2022). »*
Dans le film, Jay ne revoit plus du tout sa fille après une dispute avec son ex. Il en souffre énormément. Il participe à un groupe de soutien formé d’autres pères divorcés, dans la même situation. Ce problème touche autant les couples expatriés que les Japonais.
Mon avis
Voir Une Part Manquante, c’est comme faire un voyage au Japon. Le rythme du film est lent, à l’image de certains films japonais, avec des plans soignés et un jeu très juste.
Notre société aime idéaliser les histoires d’amour avec des étrangers dans des pays lointains. Ce film montre plutôt l’envers du décor. On y découvre les réalités moins romantiques, surtout quand des enfants sont impliqués. J’ai appris plein de choses sur le système juridique japonais et sur la façon dont les expatriés doivent parfois se battre juste pour rester en contact avec leurs enfants.
J’ai été vraiment impressionnée par Romain Duris. C’est un acteur incroyable, capable de jouer aussi bien en français qu’en japonais. Il semble parler la langue avec une aisance remarquable. Son interprétation d’un père blessé est très touchante et crédible.
Le scénario tient la route. La fin, un peu moins. Mais ça n’enlève rien à mon appréciation globale du film. Je le recommande pour le jeu des acteurs, le dépaysement, et pour sa trame à la fois vraie et tragique. C’est un bon drame, à voir absolument.
Une part manquante de Guillaume Senez prendra l’affiche le 11 avril prochain au Québec.
