Sortie cinéma : Bonjour tristesse

Présenté en grande première le 30 avril, en présence du casting et de la réalisatrice, Bonjour Tristesse revisite le roman culte de Françoise Sagan avec un regard frais, sensible et vraiment esthétique.

L’histoire ? Cécile (interprétée par la magnétique Lily McInerny), 18 ans, passe un été en apparence idyllique sur la côte française avec son père Raymond (Claes Bang), son chum Cyril (Aliocha Schneider) et Elsa, la flamme du moment de papa (Naïlia Harzoune). Mais l’arrivée d’Anne (Chloë Sevigny), une amie de sa mère décédée, vient fissurer le bel équilibre. Froide, élégante, sérieuse, Anne menace l’insouciance que Cécile chérit. Alors, l’ado met en place un plan pour la faire partir. Un jeu dangereux aux conséquences irréversibles.

Le film en soi ? Oui, l’histoire n’a plus le même pouvoir de scandale qu’en 1954, époque où Françoise Sagan, du haut de ses 18 ans à peine, provoquait un tollé en publiant ce roman à la fois moderne et cynique sur la jeunesse, la liberté, le désir et l’ennui bourgeois. Mais cette version québécoise réussit un pari risqué : rendre l’œuvre pertinente aujourd’hui, sans la trahir.

La mise en scène prend quelques libertés intelligentes qui densifient les personnages et actualisent le propos. On sent que la réalisatrice connaît et respecte le texte, mais qu’elle ne s’y enferme pas. Mention spéciale à la direction artistique : les paysages sont sublimes, baignés d’une lumière qui rend hommage à l’été autant qu’à la mélancolie rampante du récit.

C’est un film qui se regarde comme on feuillette un carnet de vacances devenu souvenir amer. Tout est beau, mais tout est sur le point de basculer.

Verdict ? Pas un choc narratif, mais une adaptation fine, visuellement somptueuse et portée par un jeu d’acteurs juste. À voir au cinéma pendant qu’il est encore à l’affiche ou à redécouvrir dans les pages du roman.

Pour connaître les horaires de projection de Bonjour tristesse : Ouvoir.ca