La pièce Faire la mort est l’une des propositions phares de l’Espace Go cet automne. Présentée jusqu’au 8 décembre, cette autofiction documentée porte principalement sur les étapes menant au deuil d’une personne encore vivante. Le point de départ de la démarche artistique ayant mené à ce spectacle résidait en la question suivante : Comment faire le deuil d’un père absent, mais encore vivant?

Aborder la mort de front avec douceur
Krystel Descary signe le texte de cette création très personnelle et introspective qui s’opère autour du thème du deuil invisible ou incompris. Dans une ambiance feutrée et atypique, elle élabore sa réflexion sur son propre rapport à la mort. En empruntant divers tracés qui touchent à la mort et aux tabous qu’elle peut susciter chez certains, le texte aborde des façons de vivre le deuil, de l’appréhender et de le sublimer. La pièce jette un regard franc et sensible sur les aspects très sombres de la fin de vie autant que ceux qui sont remplis de lumière et de vérité.

Une mise en scène atypique
Marie-Ève Milot déploie son talent de metteuse en scène à travers ce projet de création qui appelle à l’intimité et aux réflexions humaines. On sent un désir d’illustrer la quête d’un espace pour exister avec le deuil de façon douce, en mettant en œuvre des rituels et des pratiques réparatrices. La mise en scène est empreinte de douceur et d’un rythme qui ralentit au fil des conversations, pour illustrer toute l’intériorité de la pensée derrière la création. La scène recouverte de terre est une entité elle même du spectacle. Au fil des scènes, les protagonistes s’étendent sur la terre, s’y plantent les pieds et y creusent pour trouver divers objets enfouis.

L’humour partout, même dans le deuil
Krystel Descary souhaitait, en présentant ce spectacle, que les gens vivant des situations similaires à la sienne puissent se sentir compris et reconnus. L’humour est fondamental et particulièrement présent à plusieurs moments de la pièce. Il ne s’agit pas d’une pièce sombre du tout, mais plutôt d’une sorte de célébration et d’appel à la réflexion. La musique de Mykalle Bielinski jouée sur scène donne aussi beaucoup de chaleur et de profondeur à l’expérience théâtrale. Le jeu d’acteurs est presque sans faute. Laetitia Isambert-Denis, Joanie Martel, Pier Paquette, Isabelle Vincent et Krystel Descary livrent le texte avec un aisance remarquable.