Une cinédanse aquatique sur la façade de l’Édifice Wilder du 2 au 26 novembre

Pendant presque tout le mois de novembre, les passants du Quartier des spectacles pourront lever les yeux vers la façade de l’Édifice Wilder pour y voir des danseurs flotter. Du 2 au 26 novembre, la boîte de production montréalaise Art et Essai y présente gratuitement Immergé·es, une cinédanse aquatique signée par la réalisatrice Chélanie Beaudin-Quintin et la chorégraphe Caroline Laurin-Beaucage, dévoilée en première mondiale.

Des corps en apesanteur sur la place des Festivals

Le choix du lieu n’a rien d’un hasard. L’Édifice Wilder abrite notamment les Grands Ballets Canadiens, l’Agora de la danse et l’École de danse contemporaine de Montréal, et sa façade vitrée tournée vers la place des Festivals, tout en hauteur, a justement été pensée pour accueillir des projections qui mettent le corps en mouvement à l’honneur. Immergé·es a été créée pour ce format bien précis. Filmés sous l’eau, les interprètes voient leurs gestes ralentis et transformés, comme suspendus dans le temps, pendant que leurs mouvements épousent les lignes et les volumes de l’immeuble. Le résultat tient autant de la danse contemporaine que de l’art vidéo, et change franchement la façon de regarder un bâtiment devant lequel on passe sans y penser.

Le prolongement d’une œuvre remarquée à Venise

Le duo n’en est pas à sa première plongée. Leur film en réalité virtuelle Une eau la nuit, où une poignée d’inconnus envahissent une piscine publique à la tombée de la nuit, a été présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2024, avant de voyager jusqu’à Londres, Shanghai et Luxembourg. Immergé·es poursuit cette exploration du corps dans l’eau, mais troque le casque de réalité virtuelle pour la rue. Plus besoin de réserver ni de payer, il suffit de passer par là. Les deux créatrices racontent d’ailleurs qu’un soir, un homme s’est mis à danser spontanément devant la projection, ce qui résume assez bien l’effet recherché.

Un détour à faire en sortant du bureau

Avec la noirceur qui tombe tôt en novembre, la projection se prête bien à un arrêt après le travail ou avant un spectacle à la Place des Arts. L’Édifice Wilder se trouve à l’angle des rues De Bleury et De Maisonneuve, à quelques pas du métro Place-des-Arts, et c’est depuis la place des Festivals qu’on profite le mieux de l’œuvre. Une belle façon de redonner un peu de magie à un mois qui en manque souvent.

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