Le 21 mars marque la Journée québécoise des allergies alimentaires, instaurée en mars 2000 par Pauline Marois alors qu’elle était ministre de la Santé et Services sociaux. Un quart de siècle plus tard, la gestion des allergies alimentaires en milieu scolaire au Québec demeure pourtant un sujet de préoccupation majeur.
Alors que d’autres urgences médicales ont récemment suscité une réponse rapide du gouvernement, la gestion de l’anaphylaxie reste sans cadre législatif clair au Québec. Il y a un an, le ministère de l’Éducation a investi 3 millions de dollars pour l’installation de défibrillateurs dans les écoles. Dernièrement, des centaines d‘écoles secondaires ont été équipées de trousses de naloxone pour faire face aux surdoses d’opioïdes. Cependant, rien n’a été fait pour standardiser la prise en charge des réactions allergiques graves dans les établissements scolaires.

Un retard inquiétant par rapport au reste du Canada
Le Québec est aujourd’hui la seule province canadienne à ne pas encadrer de manière réglementée la gestion de l’anaphylaxie dans les écoles. Ailleurs au pays, des lois et des règlements soutenus par les gouvernements provinciaux assurent une réponse rapide et uniforme en cas de réaction allergique sévère. En Ontario, la loi Sabrina, adoptée en 2006 après le décès d’une élève à la suite d’une réaction anaphylactique, est un modèle d’intervention efficace.
Dominique Seigneur, directrice des communications d’Allergies Québec, soulève une question cruciale :
Pourquoi n’existe-t-il toujours pas, au Québec, de standardisation, consigne ministérielle ou règle claire pour encadrer les enfants allergiques en milieu scolaire ?
Le ministère de l’Éducation maintient que la gestion des allergies alimentaires relève de la responsabilité des centres de services scolaires et des écoles elles-mêmes. Cette réponse laisse toutefois une grande incertitude pour les 75 000 élèves québécois souffrant d’allergies alimentaires et leurs familles.
Des chiffres alarmants
La situation est d’autant plus préoccupante que les cas de réactions allergiques sévères qui sont en forte hausse. Dans certains pays, les admissions à l’hôpital pour anaphylaxie ont augmenté de 350 % au cours des dernières années. Au Québec, environ 20 % des premiers événements anaphylactiques surviennent à l’école et pourtant, le gouvernement ne collecte pas de données officielles sur ces incidents.

Les arachides, le blé, le lait, la moutarde, les noix, les œufs, les poissons et fruits de mer, le sésame et le soja sont reconnus comme les principaux allergènes au Canada. Mais en réalité, plus de 160 aliments peuvent provoquer des réactions allergiques graves. Dans une situation d’anaphylaxie, chaque minute compte, donc, un encadrement clair et des formations adéquates pourraient faire la différence entre la vie et la mort.
Il est temps d’agir
Allergies Québec milite depuis plus de 15 ans pour l’adoption d’une loi semblable à la loi Sabrina en Ontario. L’organisme réclame une action gouvernementale immédiate afin d’assurer une réponse standardisée dans toutes les écoles du Québec. La formation du personnel, l’accès à l’adrénaline et des consignes claires sur les gestes à poser en cas d’urgence sont essentiels pour la sécurité des élèves allergiques.
N’attendons pas qu’un drame survienne pour agir !