Le Musée des beaux-arts de Montréal ouvre sa saison d’automne avec un événement fort : une grande rétrospective consacrée à Kent Monkman. Du 27 septembre 2025 au 8 mars 2026, l’artiste canadien d’origine crie et métisse présente L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs, une exposition monumentale qui interroge la mémoire collective à travers quarante toiles spectaculaires.
Longtemps, la peinture d’histoire a servi à glorifier les conquêtes, les héros et les récits officiels. Monkman reprend ce langage visuel codifié, avec ses compositions théâtrales et ses formats imposants, mais pour en inverser le sens. Ses tableaux donnent voix aux communautés autochtones, aux identités queers et trans, et aux récits marginalisés par la colonisation. À travers l’allégorie, l’humour et la métaphore, il réinscrit dans l’art ce qui avait été effacé.
Son univers est traversé par Miss Chief, figure flamboyante et bispirituelle, à la fois muse, trickster et alter ego. Elle occupe la toile avec audace, bouleverse les hiérarchies et bouscule les regards. À ses côtés, Monkman met en scène des épisodes de résistance, de douleur, mais aussi de fierté et de renaissance.
Au-delà de l’histoire, ses œuvres résonnent avec notre présent. Elles évoquent la crise climatique, les traumatismes intergénérationnels, mais aussi la vitalité des cultures autochtones d’aujourd’hui. L’exposition ne se limite pas à revisiter le passé : elle questionne la manière dont nous voulons construire l’avenir.
Avec cette rétrospective, le MBAM célèbre pour la première fois un artiste autochtone vivant dans ses grandes salles. Un choix fort qui confirme la place de Kent Monkman parmi les voix majeures de l’art contemporain international. Ses toiles nous rappellent que l’histoire n’est jamais figée : elle se raconte, se conteste et s’invente encore.
