Le Fantôme de l’Opéra : une relecture romantique tournée au Palais Garnier

Le roman gothique de Gaston Leroux revient au grand écran. Réalisée par Alexandre Castagnetti et à l’affiche au Québec depuis le vendredi 30 octobre, cette nouvelle version du Fantôme de l’Opéra est la toute première adaptation du roman au cinéma en langue française. Elle transpose l’histoire dans le Paris d’aujourd’hui et la fait voyager entre le drame romantique, le ballet et le thriller onirique.

Deva Cassel dans Le Fantôme de l'Opéra

Une ballerine à la place de la cantatrice

Pour cette version, les scénaristes ont choisi de bousculer nos repères et de s’intéresser à une genèse inédite du mythe. L’histoire laisse de côté la soprano Christine Daaé au profit d’Anastasia, une jeune ballerine roumaine incarnée par Deva Cassel. Fraîchement admise dans le prestigieux corps de ballet de l’Opéra Garnier, elle décroche le premier rôle d’Orpheus, une œuvre réputée maudite. C’est dans ce décor majestueux qu’elle s’éprend d’un mystérieux pianiste, joué par Julien de Saint Jean, qui hante les sous-sols du théâtre.

Le film délaisse ainsi l’épouvante et le macabre au profit d’une histoire d’amour éthérée qui emprunte volontiers aux codes des romances adolescentes à la Twilight, une inspiration revendiquée par la production.

Affiche du film Le Fantôme de l'Opéra

Un écrin signé par un directeur photo québécois

Le parti pris du scénario divise la critique, mais l’esthétique du long-métrage est difficile à prendre en défaut. Tourné dans le véritable Palais Garnier, le film tire profit de chaque recoin du monument, des grands escaliers dorés jusqu’au mythique lac souterrain. La photographie est signée par le Québécois Nicolas Bolduc, déjà derrière la caméra du Comte de Monte-Cristo, qui donne aux images une opulence et une poésie remarquables.

Pour son premier grand rôle en français, Deva Cassel brille par sa grâce, particulièrement dans les tableaux de danse portés par Guillaume Diop et Dorothée Gilbert, étoiles de l’Opéra de Paris. Face à elle, Romain Duris apporte une tension dramatique bienvenue dans le rôle d’un metteur en scène manipulateur et exigeant.

En fin de compte, cette version 2026 est un véritable bonbon pour les amoureux de belles images et de danse classique. Le film rend un hommage somptueux à l’architecture parisienne et mise davantage sur la poésie visuelle que sur le grand frisson. Mieux vaut simplement ajuster ses attentes avant de plonger dans cette relecture moderne. Distribué au Québec par Sphère Films, il offre une belle façon de prolonger l’ambiance d’Halloween en novembre.

Laisser un commentaire