Lecture du jour : Charivari à Bucarest de Sylvain Audet-Gainar

Bien que la page couverture montre un levé du jour serein, Charivari à Bucarest cache une histoire rocambolesque garnie d’une multitude de rebondissements tout en nous faisant découvrir une partie de la culture et de l’histoire roumaine.

Le récit se déroule principalement à une époque actuelle. Toutefois, la chronologie du livre alterne entre les aventures d’Arthur, le personnage principal, vivant au temps présent et des documents écrits révélant des informations du passé dans les années 1950 pour lesquelles tout vient prendre son sens dans le dénouement de cette histoire.

Le roman débute par des funérailles colorées d’allure festive rivalisant le Carnaval de Rio avec un corbillard en rose bonbon et un véhicule de couleur Barbie accompagné d’un défilé dense et bigarré, de perruques et de boas multicolores, ce qui contraste avec les enterrements traditionnellement tristes et sombres. La journée même, alors qu’il assistait à ces funérailles, un homme nommé Vasile se fait arrêter et subit un AVC pour ensuite tomber dans le coma. Voyant son beau-père dans un tel état, Arthur va tenter de trouver tous les moyens possibles pour prouver son innocence en menant une enquête. 

Notre anti-héro, aussi père de famille, vivra d’interminables péripéties en commençant par l’absence de sa femme Iulia, partie en voyage pour se ressourcer sans possibilité de la contacter. Il doit donc s’occuper seul de leurs trois enfants : Razvan, 12 ans et des jumeaux Luca et Lila, 4 ans. Il s’ensuit qu’en plus de ses propres bambins, son meilleur ami Tudor lui laisse aussi ses progénitures pour une urgence quelconque. Il s’additionne donc Mihai, 18 ans, Cezar, 16 ans, Bogdan, 12 ans et Miruna, 11 ans pour compléter sa colonie de vacances nouvellement formée chez lui. 

Heureusement, il va avoir recours à l’aide de Rubis, un ancien champion du lancer de marteau, devenu femme malgré ses bras musclés, pour s’occuper de ces sept enfants pendant qu’Arthur ira percer le mystère des faux tableaux dans lequel on lui reproche d’être aussi impliqué. À noter que même ses enfants vont y être mêlés dans cette bizarre situation.

En parallèle avec ses propres recherches, Arthur fera aussi appel à Mitch Buchmannon, surnommé Mititel, un détective privé, unique en son genre, de taille miniature (de moins d’un mètre trente). Ce dernier lui sera d’un aide complémentaire avec sa propre enquête pour recoller les morceaux de renseignements trouvés.

Au tout début de l’enquête, tout semble incompréhensible, autant pour Arthur que moi-même en tant que lectrice. Cependant, j’ai eu le plaisir de le suivre dans la progression de cette investigation et découvrir les associations entre les faits et les témoignages au fur et à mesure que l’histoire évolue. 

De plus, le ton humoristique et le langage familier à la française pour lequel j’ai personnellement appris plusieurs expressions pendant ma lecture s’imposent tout au long de ce roman. Cette comédie s’installe entre autres à travers les rencontres d’Arthur durant son enquête. Non seulement les personnages en soi sont chacun unique et drôle par leur physique et leur façon d’être, mais les descriptions exagérées sur ces derniers, ainsi que les métaphores loufoques d’Arthur nous en font voir de toutes les couleurs. Il nous amène donc dans son intimité pour lequel il n’ose pas toujours dire ses réelles pensées à voix haute devant ces gens. Toutefois, il est ironiquement à l’aise de le partager à nous les lecteurs, ce qui rend ce roman plus dynamique et interactif.

Bref, il s’agit d’une belle découverte de lecture qui sort de l’ordinaire avec un goût de s’évader dans l’humour français tout en apprenant une partie de l’histoire de la Roumanie ! Ce livre est disponible dans toutes les librairies au Québec.