La pièce Moi, dans les ruines rouges du siècle est tirée du parcours de vie unique de Sasha Samar, comédien québécois d’origine ukrainienne qui découvre, à un très jeune âge, avoir été kidnappé par son père. Il comprendra également quelques années plus tard que sa mère avait choisi délibérément de ne pas entretenir de lien avec lui.
Campée au cœur des années 80, en Ukraine soviétique, l’histoire du jeune Sasha, dont la quête identitaire et la soif de reconnaissance deviendront à la fois vitales et tragiques, nous est racontée de façon poignante. La pièce est présentée ce mois-ci au Théâtre Jean-Duceppe à la Place-des-Arts.

En parallèle du récit du jeune Sasha qui cherche un sens à sa vie et tente de se construire, le contexte de l’explosion de Tchernobyl et de l’effondrement de l’Union soviétique ajoute beaucoup de relief à cette histoire bouleversante. L’idée originale de Samar a été matérialisée grâce à l’apport d’Olivier Kemeid, qui signe le texte et la mise en scène de l’œuvre.
L’aspect humain porté au front du récit et la charge émotive déchirante qui en découle forment l’essence de cette histoire. En tant que spectateur, on la reçoit comme une odyssée complexe, riche en nuances et très profonde. L’aspect très personnel de l’histoire de Sasha la rend universelle, tout en demeurant très singulière. La pièce dont les dialogues sont assez étoffés dure 120 minutes et capte toute l’attention d’un public curieux.

Au niveau de l’interprétation, Sasha Samar joue son propre rôle et se présente à différents tournants de son vécu. Il est très touchant et convaincant, particulièrement lorsqu’on sent qu’il est plus ancré dans le réel et se sert de son vécu pour présenter son cheminement avec beaucoup de vulnérabilité.
Sophie Cadieux, sans surprise, s’abandonne entièrement dans son personnage de l’amoureuse de Sasha et livre une performance exaltée, presque sans faute. La pièce est compte également parmi ses interprètes Jean Maheux, Marie-France Lambert et Peter Meltev qui sont eux aussi très justes et crédibles.