La 19e édition d’Osheaga a tiré sa révérence dimanche soir au parc Jean-Drapeau, sous des averses qui ont tenté, sans grand succès, de freiner l’élan du public. Entre orages annoncés, ponchos assortis et têtes d’affiche qui ont livré la marchandise, le festival conclut son week-end sur une note aussi mémorable qu’humide.

Lorde en point final
C’est la chanteuse néo-zélandaise Lorde qui a fermé la marche dimanche soir, avec un spectacle qui naviguait entre ses débuts et ses orientations plus récentes. Royals, tiré de l’album Pure Heroine, a côtoyé des incursions plus électro ou folk, difficiles à classer dans une case précise. Le jeu de caméras, calculé jusque dans les regards qu’elle lançait à son crew, donnait au spectacle des airs de thérapie collective, la chanteuse dansant librement sans se soucier des contraintes. Elle a aussi rendu hommage à sa collaboration avec Charli XCX en interprétant leur duo, sans toutefois la faire monter sur scène comme ce fut le cas à Lollapalooza plus tôt dans la semaine.
Clipse et Gunna, l’autre versant de la programmation
Le volet hip-hop du festival a lui aussi tenu ses promesses malgré la météo. Clipse est monté sur scène en fin d’après-midi au moment où la pluie s’intensifiait, sans que cela freine l’énergie de la foule, qui a dansé du début à la fin du set. Du côté de la scène de la Montagne, Gunna a livré une performance solo à la hauteur de sa réputation, lui qui carbure habituellement à ses fameuses courses matinales avec les fans. Le temps maussade l’a plutôt gardé du côté du gym de son hôtel ce jour-là, mais cela ne s’est aucunement senti sur scène.

Zara Larsson, le rayon de soleil malgré la pluie
Si une artiste a réussi à faire oublier l’averse, c’est bien la Suédoise Zara Larsson. Entrée en scène avec Midnight Sun au moment où la pluie redoublait, elle a rapidement réchauffé l’ambiance en faisant chanter la foule. Dans un décor aux allures hawaïennes qui a visiblement inspiré une bonne partie des tenues portées ce soir-là, elle a enchaîné ses succès, dont Lush Life, pour lequel elle a invité une jeune spectatrice à venir danser la chorégraphie devenue virale. Le public montréalais, selon elle, compte parmi les meilleurs qu’elle ait connus en tournée.
Billie du Page, la relève qui s’impose
Sur la scène des Sessions SiriusXM, la Québécoise Billie du Page, 22 ans, a livré un moment intime malgré des installations plus modestes. Accompagnée de deux danseurs, elle a visiblement été portée par l’émotion de figurer à la programmation cette année, et la foule agglutinée devant la scène couverte le lui a bien rendu, entre chants repris en chœur et ambiance de concert privé.

Une affluence qui confirme l’engouement
Avec 151 000 spectateurs répartis sur trois jours, cette édition se classe au deuxième rang de toute l’histoire du festival, tout juste derrière les 155 000 visiteurs de 2023. La progression est nette par rapport à l’an dernier, où 142 000 personnes avaient assisté aux prestations de The Killers, Tyler, the Creator et Olivia Rodrigo. La journée de samedi, portée par Tate McRae, s’est d’ailleurs vendue plus rapidement que jamais.
La pluie aura beau avoir occupé une bonne partie des conversations ce week-end, elle n’aura jamais réussi à voler la vedette aux artistes. Rendez-vous est pris pour 2027.