Parler de la maladie et de la perte n’est jamais chose facile au cinéma, surtout lorsqu’il s’agit de le faire sans lourdeur ni complaisance. Avec REGARDE, le réalisateur Emmanuel Poulain-Arnaud s’attaque à un sujet délicat (la cécité progressive chez un adolescent), en optant pour une approche empreinte de douceur, d’humanité et de retenue. Porté par un trio d’acteurs touchant, le film explore avant tout la force des liens familiaux face à l’épreuve.

Synopsis
Chris et Antoine ont bien du mal à maintenir une relation apaisée depuis leur divorce. Lorsque leur fils de 16 ans apprend qu’il est atteint d’une maladie rare qui le mènera progressivement à la perte de la vue, les deux parents mettent leurs différends de côté. Ensemble, ils décident de l’emmener en voyage afin de lui offrir des souvenirs précieux, à un moment où le temps semble soudainement compté.
Une adaptation sensible et lumineuse
REGARDE est l’adaptation française du film mexicain Ya Veremos, sorti en 2018 et ayant connu un important succès en salles. Pour son troisième long métrage, Emmanuel Poulain-Arnaud transpose l’histoire dans les paysages lumineux des Landes, un choix qui apporte au film une douceur visuelle bienvenue et crée un contraste délicat avec la gravité du sujet abordé.
Le réalisateur s’est également appuyé sur la collaboration de l’Institut National des Jeunes Aveugles en France, consulté en amont de l’écriture du scénario. Cette démarche se ressent à l’écran, tant dans la justesse du propos que dans la manière respectueuse et nuancée dont la réalité de la malvoyance est abordée.

Un trio d’acteurs convaincant
Audrey Fleurot et Dany Boon incarnent avec sensibilité ces parents imparfaits, parfois maladroits, mais profondément unis par l’amour qu’ils portent à leur fils. Leur dynamique, marquée par les tensions du passé et la nécessité de faire front commun, apporte au récit une authenticité touchante.
Au cœur du film, le jeune Ewan Bourdelles livre une performance juste et émouvante. Il incarne un adolescent qui tente de repousser l’angoisse du diagnostic en choisissant de vivre pleinement le moment présent, entre insouciance, colère contenue et désir d’évasion.
Une émotion maîtrisée
Sans jamais sombrer dans le pathos, REGARDE parvient à faire cohabiter émotion et légèreté. L’humour, utilisé avec parcimonie, permet d’alléger le propos et de rappeler que même au cœur de l’épreuve, il subsiste des instants de joie et de complicité.
Le film trouve sa force dans cette retenue, privilégiant les silences, les regards et les moments partagés plutôt que les effets dramatiques appuyés. Une approche qui donne au récit une sincérité appréciable.

Notre verdict
Sans révolutionner le genre, REGARDE propose un cinéma humain et délicat, porté par une distribution solide et une mise en scène lumineuse. Un film touchant qui rappelle l’importance de vivre l’instant présent et de préserver les liens qui nous unissent, même lorsque l’avenir semble incertain.
REGARDE est présenté au cinéma au Québec depuis le 23 janvier 2026.