Le dernier repas, réalisé par Maryse Legagneur et mettant en vedette Gilbert Laumord, Marie-Évelyne Lessard, Fabrice Yvanoff Sénat, et Mireille Metellus, est bien plus qu’une simple histoire de réconciliation.

Inspiré de faits réels, il nous plonge dans un Haïti profondément marqué par les blessures de la dictature et la complexité des relations familiales. Ce film, qui prendra l’affiche au Québec le 27 septembre, est une œuvre cinématographique touchante, riche en symbolisme, et un véritable hommage à la culture haïtienne.
L’histoire suit Reynold, un homme en phase terminale de cancer de l’estomac, qui utilise ses derniers repas comme prétexte pour renouer avec sa fille Vanessa après deux décennies de séparation. D’abord réticente, Vanessa finit par accepter, et à travers ces repas, un rituel s’installe, où la nourriture devient le lien entre le passé et le présent. Les plats traditionnels haïtiens, tels que le griot, le riz collé, le diri djondjon et la soupe joumou, se transforment en souvenirs vivants, évoquant des moments partagés et des vérités enfouies.
« Ce n’est pas ce qu’on mange à notre dernier repas qui compte, mais avec qui on le partage. »
Reynold, affaibli par la maladie, refuse les repas fades de l’hôpital : « manjé-an fad », et en bon Haïtien, il préfère les saveurs relevées, épicées, et imprégnées de piment qui rappellent l’authenticité et la chaleur des repas de son enfance. Les scènes de repas sont non seulement un festin pour les yeux, mais aussi un régal pour les papilles (mention spéciale au fameux bol de service !).
Le créole est largement utilisé tout au long du film, ajoutant une authenticité remarquable et donnant encore plus de profondeur à l’histoire. C’est une fierté de voir notre langue, nos marchés, et surtout nos plats traditionnels mis à l’honneur sur grand écran. La représentation du griot et du riz collé dans toute leur splendeur donne envie de replonger dans nos propres souvenirs familiaux. Chaque plat servi à Reynold, que ce soit la soupe joumou ou le diri djondjon, agit comme une passerelle entre le père et la fille, mais aussi entre le présent et les fantômes du passé.

Le film revient sur cette période sombre : la dictature de Duvalier, passant par les réalités politiques et sociales de l’époque. On évoque la prison de Fort-Dimanche et les tragédies qui s’y sont déroulées. Un moment particulièrement marquant est la référence à la victoire d’Emmanuel Sanon lors de la Coupe du monde de football, un symbole de liberté pour Reynold.

En tant que membre de la communauté haïtienne, ce film est une véritable fierté. Il honore notre histoire, nos souffrances, mais aussi notre résilience et notre amour pour les saveurs de nos plats traditionnels. Je vous encourage vivement à aller voir Le dernier repas dès sa sortie et à savourer chaque moment de cette œuvre cinématographique.
À voir absolument.
Note : 9/10