Icône du monde de la danse, Danièle Desnoyers marque son retour à l’Usine C cette saison en présentant sa toute dernière création : Soulèvement. La chorégraphe s’associe à Ben Shemie, créateur montréalais et leader du groupe Suuns, à qui elle confie la composition de la musique et la direction de l’univers sonore de ce puissant spectacle.
Une célébration des corps et des sons
Danièle Desnoyers a imaginé une création qui se déploie sur scène comme une célébration des corps et de leurs identités multiples. Les corps animés par l’émotion et par une sorte d’urgence de vie sont perpétuellement en relation avec la musique et l’ambiance sonore. Connue pour ses créations explorant la relation entre le corps et le langage, ainsi que le corps et les sons, Desnoyers ne déroge pas à son style habituel avec Soulèvement. La créatrice parvient à traduire un univers et un langage singuliers à travers les enchaînements et l’intimité qui se tissent entre les danseuses.

La composition musicale comme neuvième interprète
Les huit interprètes Myriam Arseneault Campbell, Châtelaine Côté-Rioux, Kimberley de Jong , Stacey Désilier, Aurélie Ann Figaro, Gabby Kachan, Ariane Levasseur et Marie-Eve Quilicot font preuve à la fois de sensibilité, de fragilité et de grande puissance dans cette performance. La composition musicale de Ben Shemie se matérialise comme un autre interprète sur scène. Les ruptures de ton et d’émotion dans la trame sonore permettent un éventail d’intensité dans les chorégraphies.
Au tout début du spectacle, les percussions abruptes et les basses fréquences nous invitent dans une ambiance assez sombre qui laissent place au côté explosif du mouvement et au rapport à l’autre dans un rythme furtif. On passe ensuite à des notes plus douces et des ambiances musicales classiques qui font évoluer les mouvements dans des zones fragiles et appellent la connexion à l’autre, la co-dépendance et les rapports charnels. On sort ensuite de ce répertoire pour revenir vers une ambiance sonore plutôt anxiogène lorsqu’émanent des haut-parleurs des grognements qui semblent faire écho à une bête qu’on peut apprivoiser ou qui peut nous anéantir.

Soulèvement se révèle comme une oeuvre viscérale et profondément humaine. Elle est à l’affiche de l’Usine C pour quelques soirs seulement jusqu’au 18 octobre.