Antiracisme et la nécessité de contrer l’engrenage de la violence

Le meurtre de George Floyd est une tragédie sans nom. Avec toute l’horreur que cela évoque, cet acte de violence n’en est qu’un parmi tant d’autres qui sont perpétués sous le couvert du racisme systémique et omniprésent qui règne aux États-Unis. Il faut reconnaître que ce fléau se perpétue également dans plusieurs pays et régions du monde, dans l’engrenage du système de notre société, incluant dans notre ville, notre province et notre pays.

*J’écris ces lignes avec toute l’humilité, la méconnaissance, et l’expérience qui découlent de mes privilèges en tant que personne cis blanche. J’accueille les commentaires et critiques sur mes comportements ou mes propos, puisque ça contribue à l’ouverture et l’éducation. C’est un travail constant qui requière de se remettre en question, apprendre de nos erreurs, cheminer et aspirer à faire mieux.*

Je partage quelques réflexions et suggestions de produits culturels nécessaires qui prônent l’antiracisme. La liste de références, d’oeuvres, d’organismes et les liens vers celles-ci est disponible au bas de ce texte. J’aimerais ouvrir le canal de discussion là-dessus avec vous, qu’on en discute, qu’on échange, qu’on partage et qu’on remette nos systèmes de pensées et de société en question.

D’entrée de jeu, reconnaître les privilèges que nous confère notre couleur de peau est la première étape vers l’ouverture et le dialogue. Qu’ils soient au niveau entres autres, de l’accès à l’emploi, au logement, aux soins de santé physique et psychologique, ou au niveau de la représentativité dans les médias, dans les institutions de l’état, ces privilèges ont une répercussion immense sur la facilité qu’un être humain peut avoir à atteindre une forme de confort et à ne pas se soucier d’une quelconque menace à ses besoins et droits fondamentaux, alors que d’autres auront à faire face à cette menace toute leur vie. Système problématique, vous me direz? ABSOLUMENT. Et c’est ce qui doit changer.

S’efforcer de reconnaître et accuser les actes et les réflexions racistes qui se présentent dans notre société, qu’ils soient individuels ou systémiques est non seulement crucial, mais c’est tout simplement la base. Les agressions à teneur racistes, qu’elles soient micro ou macro, sont beaucoup trop fréquentes et banalisées. Nier l’existence d’un enjeu aussi oppressant pour plusieurs communautés contribue à l’invisibilisation des victimes et des communautés visées. Ce genre de propos discrédite leur histoire, leur expérience réelle et leurs traumatismes, ce qui est doublement violent.

Il faut éviter de pencher vers l’aspect performatif de l’activisme ou des efforts qu’on fait en tant qu’allié. Une telle violence historique et souffrance de masse ne doit en aucun cas devenir l’objet d’une tendance virtuelle ou une façon d’afficher sa vertu ostentatoire. C’est un enjeu réel, extrêmement préoccupant, qui doit être abordé avec beaucoup d’humilité, d’ouverture et d’écoute par les personnes blanches. Ce n’est pas un enjeu politique ou social, c’est carrément une question de droits humains fondamentaux.

S’arrêter, questionner les systèmes dont on fait partie, questionner les mécanismes auxquels on contribue afin de les repenser et de dénoncer les comportements racistes. Dans nos conversations, comme dans nos réflexions. Dans nos milieux sociaux, professionnels, communautaires et dans nos cocons familiaux. En tant que personne blanche, utiliser sa voix et ses privilèges pour aider à contrer un enjeu comme celui-là est primordial. Par contre, reconnaître ces dits privilèges est aussi requis lorsqu’il est temps de se taire, de se retirer et de laisser l’espace et la lumière à des personnes de couleur.

Reconnaître les différences aussi, les voir, les célébrer et apprendre d’elles. Reconnaître l’expérience différente de la nôtre et la diversité dans les expériences de chaque personne racisée, parce que chacune d’entre elles a sa propre perspective et son propre bagage. Tout ça est valide et doit être reconnu et mis de l’avant.

Un autre aspect à retenir est que l’on ne doit pas remettre le fardeau de nous éduquer et de nous informer sur les enjeux liés au racisme systémique aux personnes de couleur. En d’autres mots, ce n’est pas la responsabilité des individus qui souffrent déjà d’un système qui les désavantage de prendre de leur temps et de leur énergie pour éduquer les plus privilégiés. L’échange est évidemment riche et sera toujours bénéfique, mais s’attendre à ce qu’une personne noire, par exemple, nous éduque sur des enjeux raciaux et faits historiques est profondément injuste et ingrat. On doit s’efforcer à se tenir informés sur ces enjeux importants, sur l’histoire rattachée aux enjeux raciaux, qui, souvent, ont été bien malheureusement très peu effleurés dans le contenu de notre système d’éducation. Reconnaître que l’histoire et les faits sont réels est absolument nécessaire si l’on veut apprendre, faire mieux et trouver des solutions pour les problèmes actuels. Il faut demeurer curieux, engagé et solidaire.

Un autre moyen de soutenir la communauté noire tout en s’éduquant par nous-mêmes sur les enjeux liés au racisme est de consommer des œuvres et des produits culturels créés par des personnes de couleur et qui militent activement pour l’antiracisme. Je dresse une liste de quelques créations puissantes et nécessaires ci-dessous. Un autre élément important est d’encourager financièrement des entreprises locales qui sont tenues par des personnes de la communauté noire ainsi que des organismes qui lutte contre le racisme. Comme on dit, Put your money where your mouth is. Je vous invite à nous recommander vos suggestions d’œuvres, de contenu, d’entreprises et d’organismes qui luttent contre le racisme. La liste ci-dessous ne demande qu’à être allongée.

Ayons cette conversation. Ces conversations. Avec nous-même et entre nous tous. Défions l’indifférence et l’ignorance et élevons la nature humaine. Il est plus que temps.

Littérature

 

So you want to talk about race – Ijeoma Oluo

Maya Angelou – I know why the caged bird sings

How to be an antiracist – Ibram X. Kendi

Back feminist thought – Patricia Hill Collins

Le racisme est un problème de blancs – Reni Eddo-Lodge

Nous ne trahirons pas le poème – Rodney Saint-Eloi

White fragility – Robin J. Di Angelo

Noires sous surveillance – Robyn Maynard

The skin we’re in – Desmond Cole

Librairie Racines

 

Podcasts

 

Code Switch

The Nod

Woke or whateva

Call your girlfriend

The read

1619 – The New York Times

Where we at

About Race

Kiffe Ta Race

 

Contenu télévision ou films

 

Briser le code

Who killed Malcom X

The Kalief Browder Story

Get Out

Dear white people

See you yesterday

The Hate U Give

13th

 

Contenu web et références:

 

https://docs.google.com/document/d/1d2uk0kINCneVcSThtTybYJvpsrPJKlfUqw5dwpC7-H0/edit

https://www.pbs.org/parents/thrive/teaching-your-child-about-black-history-month

https://duckofminerva.com/2020/05/we-are-not-okay-and-you-shouldnt-be-either.html

https://www.ibramxkendi.com/

https://canadianwomen.org/blog/robyn-maynard/

https://www.youtube.com/watch?v=86sW-SK7yrk&feature=emb_title

https://www.youtube.com/watch?v=e-BY9UEewHw&feature=youtu.be

https://www.antiracismproject.org/resources

https://quebec.huffingtonpost.ca/entry/raciste-societe-egalitaire-temoignage_qc_5ed8f2e2c5b6d561066183ef

https://www.librairieracines.com/?fbclid=IwAR0aHclOwzl-QizDuhF5_B8uW4VdZRtWwAl8a7aj9ttdqnilR25l9RP7xw0

 

Organismes :

 

Black lives Matter Toronto

The Black Liberation Collective

Fédération des Canadiens noirs

Black Youth Helpline

Homeless Black Transwomen Fund

Mental Health of Black and Marginalized Communities

Afrique au féminin 

Black Indigenous Harm Reduction Alliance

Hoodstock

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