Que se passe-t-il lorsqu’on gagne le gros lot et qu’on décide de ne rien donner à ses enfants? C’est le point de départ de Chers parents, la comédie d’Emmanuel Patron qui arrive dans les salles du Québec ce vendredi. Adapté de la pièce de théâtre Chers parents qu’il a écrite avec sa sœur Armelle Patron, le film réunit André Dussollier, Miou-Miou, Arnaud Ducret, Pauline Clément et Thomas Solivérès dans un règlement de comptes familial où l’argent fait rapidement tomber les masques.
Tout commence lorsqu’Alice et Vincent Gauthier demandent à leurs trois enfants de les rejoindre d’urgence. Pierre, Louise et Jules accourent en imaginant le pire. Leurs parents sont pourtant en parfaite santé et ont même une excellente nouvelle à leur annoncer : ils viennent de gagner à la loterie.
Le soulagement est de courte durée. Alice et Vincent leur apprennent qu’ils ne comptent pas partager leur fortune avec eux. Leur projet est plutôt de partir au Cambodge pour ouvrir un orphelinat.

Quand l’argent s’invite dans la famille
À partir de cette annonce, Chers parents transforme une réunion familiale en règlement de comptes. Les trois enfants, pourtant adultes, supportent difficilement l’idée de voir cet héritage potentiel leur échapper et les vieilles frustrations commencent rapidement à refaire surface.
C’est là que le concept du film devient intéressant. Derrière la question du gros lot se cache celle de ce que les parents doivent réellement à leurs enfants une fois ceux-ci devenus adultes. L’argent devient surtout un prétexte pour faire ressortir les jalousies, les contradictions et la mauvaise foi de chacun.
Le film pousse évidemment les réactions assez loin pour les besoins de la comédie, mais c’est justement le décalage entre cette famille qui semblait soudée et ce qu’elle devient lorsqu’une fortune apparaît qui alimente une bonne partie de l’humour.

Une pièce de théâtre passée au grand écran
Les origines théâtrales de Chers parents restent très présentes. Une grande partie du film repose sur les échanges entre les cinq membres de la famille, les répliques qui s’enchaînent et les confrontations qui deviennent progressivement plus tendues.
André Dussollier et Miou-Miou forment le couple autour duquel cette petite guerre familiale s’organise, tandis qu’Arnaud Ducret, Pauline Clément et Thomas Solivérès incarnent leurs trois enfants, chacun réagissant à sa manière à la perspective de voir plusieurs millions lui passer sous le nez.
Cette mécanique donne au film des airs de huis clos familial où les personnages ont constamment quelque chose à reprocher aux autres. Certaines situations forcent volontairement le trait, mais elles permettent aussi de pousser assez loin la question qui traverse tout le film : jusqu’où peut-on aller lorsqu’une énorme somme d’argent vient soudainement bouleverser les rapports familiaux?

Une comédie familiale qui aime provoquer
Chers parents ne cherche donc pas seulement à raconter l’histoire d’une famille qui gagne à la loterie. Le film s’amuse surtout à observer ce que l’argent fait ressortir chez des gens qui s’aiment, mais qui deviennent beaucoup moins raisonnables lorsqu’ils pensent avoir droit à une partie du magot.
Entre mauvaise foi, jalousies et règlements de comptes, cette comédie grinçante rappelle finalement qu’il suffit parfois d’un gros montant d’argent pour transformer un simple repas de famille en champ de bataille.
Chers parents prend l’affiche dans les salles du Québec ce vendredi.