Juste une illusion : un retour doux-amer dans les années 80

Après avoir été présenté au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), Juste une illusion, le nouveau film d’Olivier Nakache et Éric Toledano, arrive dans les salles québécoises le 18 septembre. Le duo derrière Intouchables nous ramène cette fois en 1985, à cette période un peu floue où l’on n’est déjà plus vraiment un enfant, sans être encore tout à fait un adolescent.

Au centre du film, il y a Vincent, bientôt 13 ans, interprété par Simon Boublil. Il vit en banlieue parisienne avec son grand frère et ses parents, Sandrine et Yves, incarnés par Camille Cottin et Louis Garrel. À la maison, les tensions sont constantes et Vincent observe ce monde d’adultes qu’il commence tranquillement à voir autrement.

Les années 80 sans tomber dans la caricature

Juste une illusion joue beaucoup sur la nostalgie, mais les années 80 ne servent pas uniquement de décor. Elles sont partout : dans les vêtements, les appartements, les voitures, les habitudes et, évidemment, la musique.

Le titre fait d’ailleurs référence à Just an Illusion, le succès du groupe britannique Imagination. Téléphone accompagne également cette plongée dans l’époque.

Ce retour en 1985 fonctionne parce que le film s’intéresse davantage aux sensations et aux souvenirs qu’à l’accumulation de références. Pour ceux qui ont connu cette décennie, certains détails risquent de provoquer un effet madeleine de Proust assez immédiat. Pour les autres, le film recrée une époque suffisamment vivante pour donner l’impression d’y être.

Grandir en regardant les adultes autrement

Avec Camille Cottin, Louis Garrel et Simon Boublil à l’écran, Juste une illusion puise notamment dans les souvenirs et les histoires familiales d’Olivier Nakache et Éric Toledano. Cette part personnelle se retrouve dans le regard porté sur la famille, mais aussi dans cette façon de raconter les années 80 à hauteur d’adolescent, entre souvenirs, découvertes et premières désillusions.

Vincent commence à comprendre les tensions entre ses parents, voit son grand frère s’éloigner et découvre en même temps l’amitié, le désir, les premiers sentiments amoureux et les questions liées à son identité et à sa religion.

C’est dans ces petits moments que le film trouve sa sensibilité. Nakache et Toledano ne cherchent pas à multiplier les grands bouleversements. Ils racontent plutôt ces instants qui paraissent anodins sur le moment, mais dont on réalise des années plus tard qu’ils ont marqué notre façon de grandir.

Le ton navigue ainsi entre humour, malaise et mélancolie, avec cette impression persistante de regarder des souvenirs plutôt qu’une reconstitution parfaitement nette du passé.

Une nostalgie douce-amère

Juste une illusion parle finalement autant des années 80 que de ce moment où l’image idéale que l’on se faisait de sa famille et du monde adulte commence à se fissurer.

C’est ce mélange qui donne au film son côté doux-amer : on sourit devant certains souvenirs et certaines maladresses de Vincent, tout en sachant qu’il est en train de quitter une partie de son enfance sans encore vraiment s’en rendre compte.

Juste une illusion prendra l’affiche dans les salles du Québec le 18 septembre.

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