How Black Mothers Say I Love You: une réconciliation familiale

Jeudi soir dernier, je me suis rendue au Centaur Theatre, pour la première de la pièce « How Black Mothers Say I Love You ». Une pièce centrée sur une femme noire à la fin du Mois de l’histoire des Noirs? Moi je dis oui! Je dois avouer que j’étais assez curieuse de voir ce que cela pouvait donner sur scène étant moi-même maman et ayant été élevée par une maman noire, la ligne vers la caricature me semblait fine, mais j’ai été plutôt agréablement surprise.

Une pièce proche de la réalité

Le personnage principal, Daphné, est une maman d’origine caribéenne souffrant d’un cancer qui, par le passé, a dû laisser ses deux filles, Claudette et Valérie, en Jamaïque le temps de se trouver une stabilité financière au Canada. Les spectateurs découvrent, au fil de la pièce, la relation tumultueuse que cette dernière entretient avec ses deux filles, ainsi que celle qu’elle maintient avec sa fille décédée, Cloé, qui fait des apparitions de l’au-delà.

Andrea Davis incarne Daphné à la perfection, accent jamaïcain inclus, elle représente sans impair la maman travailleuse et pieuse caribéenne typique; dans le rôle de Claudette, Dayane Ntibarikure, n’est pas en reste, elle apporte une remarquable présence sur scène. La belle Keren Roberts, dans le rôle de Valery est crédible sans tomber dans le cliché et apporte une touche d’exagération comique qui, avec quelques one-liners bien synchronisés, contribue à alléger l’atmosphère. Cloé, interprété par Jamila Shani Joseph, vêtue de sa robe blanche, traverse cette pièce sans quasiment dire mot, mais réussit tout de même à illustrer l’aspect éternel de l’amour d’une mère à travers la mort.

Tous ces personnages s’intègrent bien à l’une des thématiques récurrentes de « How Black Mothers Say I Love You », qui réside dans la notion de départ. Daphné s’est séparée de ses propres émotions, pour surpasser le fait d’avoir laissé ses enfants en Jamaïque. Claudette a l’habitude de fuir devant l’engagement ou à la moindre frustration, Valérie quant à elle s’accroche à une vie tout en étant malheureuse, de peur de lâcher prise pour pire et Cloé, bien sûr, a fait le départ ultime.

How Black Mothers Say I Love You et bien à leur manière!

Les filles souhaitent entendre des paroles d’amour provenant de leur mère, mais « je vous aime » ne semble pas être chose facile à dire pour elle. La pièce, trouve alors tout son sens en explorant toutes les expressions alternatives de l’amour maternel, notamment par des actes, par exemple, elle s’implique dans la recherche du chapeau idéal pour sa fille pas vraiment férue de mode. Je dois dire que tout au long de la pièce, j’ai pu reconnaître certaines similitudes avec la façon dont les mères issues de ma communauté expriment leurs sentiments: Est-ce dû à l’histoire? Est-ce dû à l’éducation ou est-ce juste réitérer qu’il n’y a pas une seule façon de dire « je t’aime »?

Alors, à la question comment les mères noires disent-elles « je t’aime »? Eh bien, je réponds que comme bien des mères du monde entier, elles l’expriment de bien des façons, en posant des gestes d’affection ou même en se disputant de temps à autre avec leurs enfants relativement à leurs choix de vie, mais ultimement la façon dont on communique notre amour pour nos enfants est dépourvue de  règles.

How Black Mothers Say I Love You – Jusqu’au 16 mars, au Centaur Theatre.
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