Montréal a déjà eu ses châteaux de glace. Dans les années 1880, le Carnaval d’hiver faisait ériger au square Dominion, l’actuelle place du Canada, d’immenses palais néogothiques taillés dans des blocs de glace tirés du fleuve, conçus par l’architecte Alexander Cowper Hutchinson, à qui l’on doit aussi le Musée Redpath.
Près d’un siècle et demi plus tard, l’idée revient en ville sous une forme bien différente avec l’arrivée d’Ice Castles, qui présentera cet hiver sa toute première installation québécoise à l’Espace 67 du parc Jean-Drapeau. Montréal devient ainsi l’une des deux seules villes où l’attraction sera présentée cette saison, avec le New Hampshire.

Un parcours bâti glaçon par glaçon
L’histoire d’Ice Castles commence en 2010 dans une cour d’Alpine, en Utah, où Brent Christensen construit un terrain de jeu glacé pour ses enfants. Les curieux affluent si nombreux qu’il finit par perfectionner une méthode, aujourd’hui brevetée, qui a depuis attiré près de six millions de visiteurs en Amérique du Nord. Le principe reste artisanal. Pendant plusieurs semaines, une équipe fait pousser jusqu’à 12 000 glaçons par jour, puis les récolte et les place à la main pour former des murs, des tunnels, des tours et des cavernes qui atteignent des millions de livres de glace.
On y circule à pied, on se faufile dans des passages étroits et on descend des glissades de glace, dont de petites conçues pour les plus jeunes et une grande, accessible aux visiteurs d’au moins 97 cm environ. Pour en profiter sans finir trempé, le pantalon de neige est vivement conseillé.
Le bon moment pour y aller
Le château change complètement de visage selon l’heure. Le jour, la lumière naturelle fait ressortir les bleus glaciaires et le détail des glaçons, alors que le soir, des lumières DEL intégrées à même la glace l’illuminent de l’intérieur. Pour vivre les deux, mieux vaut réserver une plage d’arrivée juste avant le coucher du soleil, puisqu’on ne peut pas revenir une fois sorti du site.
Comme la glace pousse au rythme du froid, la date d’ouverture dépendra de la météo. Ailleurs, la saison commence généralement vers janvier pour se terminer à la fin février ou au début mars. Les billets, vendus avec une heure d’entrée fixe, ne sont pas encore en vente, et les prix comme les heures d’ouverture seront dévoilés à ce moment-là. On peut s’inscrire à la liste d’intérêt sur le site d’Ice Castles pour être averti en premier.
L’Espace 67 se trouve à quelques minutes de marche de la station Jean-Drapeau, sur la ligne jaune, ce qui permet de s’y rendre sans voiture. On prévoit des bottes imperméables qui adhèrent bien, puisque tout le parcours se fait sur la glace, et on compte sur les boissons chaudes offertes sur place pour se réchauffer entre deux glissades. Attendue en plein cœur de janvier et février, au moment où l’on a surtout envie d’hiberner une fois les Fêtes passées, l’attraction arrive à point pour donner une vraie raison de sortir.