Site icon Passion MTL

Jardin : Adam et Ève et la force étrange du monde végétal

crédit photo : Marlène Gélineau-Payette

Un jardin de plantes indigènes aménagé au cœur du Théâtre Espace Libre accueille le public pour une expérience théâtrale singulière avec Jardin, une création du Nouveau Théâtre Expérimental (NTE). Fidèle à sa démarche, qui consiste à repousser les frontières de l’art vivant et à en explorer les multiples formes, le NTE propose cette fois une incursion dans le quotidien d’Adam et Ève, dont les dialogues intérieurs et les conversations se déploient au gré de l’agitation des végétaux qui peuplent l’espace.

Une version éclatée de l’histoire d’Adam et Ève

On connaît l’histoire d’Adam et Ève, chassés du paradis, mais on les retrouve ici parachutés à Montréal, dans le quartier Centre-Sud, tout près du métro Frontenac. Au fil des aléas de leur quotidien, dans une existence à la fois tangible et mystérieuse, ils découvrent peu à peu la fragilité de leur condition devant la force étrange et viscérale du règne végétal. La création, qui invite le public à circuler librement à travers le décor, prend vie au milieu d’une profusion de plantes luxuriantes. Le texte est signé Evelyne de la Chenelière et la mise en scène, Daniel Brière.

Crédit photo : Marlène Gélineau-Payette

Un décor vivant et foisonnant

Pendant l’heure que dure le spectacle, le public est appelé à demeurer en mouvement. En se déplaçant autour de l’aire de jeu, on découvre les interprètes sous des angles sans cesse renouvelés, ce qui modifie constamment notre perspective. Christine Beaulieu, Lyndz Dantiste et Peter Trosztmer se livrent corps et âme à cette proposition physique, introspective, poétique et festive.

Mélancolie, questionnements et célébration

L’écriture fine, vaporeuse et lumineuse d’Evelyne de la Chenelière se fraie un chemin à travers cette création qui cherche à révéler la puissance symbolique du jardin et du règne végétal. Questionnant leur condition humaine, corporelle et éphémère, les personnages s’expriment sur leur rapport aux plantes et sur la force de cet univers tantôt enraciné, tantôt entièrement imaginaire. On glisse avec fluidité de la mélancolie à l’effroi, en passant par la fête.

Crédit photo : Marlène Gélineau-Payette

Les interprètes portent ce texte charnu avec passion et fougue. L’éclatement du décor et la disposition scénique donnent à l’expérience une dimension conviviale et communautaire. La pièce culmine d’ailleurs avec une performance de style karaoké, à laquelle les interprètes se donnent à cœur joie, entraînant le public dans leur élan.

Jardin offre ainsi un bref répit dans une dimension rêveuse et étrange où le végétal devient à la fois décor et présence, et nous confronte à notre propre fragilité. Le texte est d’ailleurs disponible en librairie depuis peu, publié aux éditions Les Herbes Rouges.

Jardin est présenté au Théâtre Espace Libre jusqu’au 26 septembre.

Quitter la version mobile