Du 10 au 19 avril 2026, la deuxième édition de la Semaine du Doc s’installe dans 26 bibliothèques à travers la province, portée par Tënk, la plateforme québécoise dédiée au cinéma documentaire d’auteur. Avec 49 projections gratuites réparties de Montréal à Cap-aux-Meules, de Rouyn-Noranda à Rimouski, l’initiative confirme ce que l’on savait déjà : les bibliothèques sont parmi les derniers espaces publics où le cinéma peut vraiment prendre le temps de respirer.
La programmation de cette édition, commissariée par un comité de bibliothécaires, rassemble 14 longs métrages et 9 courts métrages québécois. Un catalogue dense, cohérent, qui donne envie de s’y perdre.

Les longs métrages à retenir
Parmi les titres qui méritent l’attention, Manicouagan (2025) de Nadine Beaudet et Maurice (2025) de Serge Giguère figurent parmi les sorties les plus récentes de la sélection. À la lumière du soir (2025), signé par le vétéran Fernand Dansereau, est quant à lui une des œuvres les plus attendues de l’année dans le milieu du documentaire québécois.
Pour ceux qui suivent le cinéma engagé, Interceptés (2024) d’Oksana Karpovych s’impose comme un incontournable. Le film, remarqué sur la scène internationale, dresse un portrait glaçant de la guerre en Ukraine à travers des appels téléphoniques interceptés entre soldats russes et leurs proches. Un documentaire qui dérange, dans le meilleur sens du terme.
À hauteur d’enfant (2024) de Mélanie Carrier et Olivier Higgins, duo bien connu des amateurs du genre, et Koutkekout (2024) de Joseph Hillel complètent une sélection qui privilégie clairement les voix singulières sur les sujets attendus. Expo 67 Mission impossible (2017) de Michel Barbeau, Guylaine Maroist et Éric Ruel, pour sa part, offre un retour fascinant sur l’un des moments fondateurs de l’identité montréalaise moderne.
Du côté des courts
La section courts métrages est peut-être la plus surprenante de la programmation. Nin mak Céline Dion (2019) de Siméon Malex-Ishpatao, qui met en dialogue la culture innue et l’icône pop québécoise par excellence, reste un bijou du genre. NDDJ (Notre-Dame-du-Jambon) (2022) de Grace D. Singh et Sita Singh et Rang du lièvre (2025) de Tim Bouvette témoignent, eux, d’un regard documentaire qui sait trouver l’extraordinaire dans le territoire du quotidien.

Pourquoi y aller
L’entrée est gratuite et les projections sont pensées pour susciter des échanges. Dans un paysage culturel où l’offre documentaire reste souvent confinée aux plateformes ou aux festivals spécialisés, la Semaine du Doc fait le pari inverse : aller chercher le public là où il est déjà, dans les bibliothèques de quartier, dans les villes moyennes, dans les régions. Un pari qui semble tenir, avec une participation en hausse pour cette deuxième édition.
La programmation complète et les détails de projections par ville sont disponibles sur semainedudoc.ca.