L’animatrice, autrice et journaliste culturelle Émilie Perreault, estime que les arts et la culture ont toujours eu un impact marquant sur son existence. Si bien qu’elle s’autoproclame spectatrice professionnelle. C’est au fil d’expériences culturelles transformatrices qu’elle a vécues que la journaliste a reconnu l’importance de prendre soin de sa santé culturelle de façon intentionnelle.
Dans un solo intitulé La suspension consentie de l’incrédulité, Émilie Perreault se questionne sur notre rapport aux arts vivants. À travers un court spectacle sous forme de monologue, Émilie Perreault expérimente la scène elle-même pour explorer son rapport à l’art et à la façon dont les œuvres qui l’ont marquée ont contribué à bâtir son identité. Elle cherche aussi à comprendre comment cet amour pour l’art peut avoir un effet liant sur les rapports humains.

Avec Jean-Philippe Lehoux au conseil dramaturgique, l’animatrice et journaliste se dévoile avec beaucoup de profondeur dans son appréciation sans bornes pour les objets de culture qui représentent pour elle un puissant acteur de changement dans notre société. L’art est un pan essentiel de sa vie et elle s’y consacre, en tant que spectatrice, comme une réelle passion. Elle décrit tout au long de son texte la façon dont elle est investie émotionnellement dans son rapport aux œuvres qui ont été fondamentales dans son parcours humain et professionnel.
Tout au long de cette réflexion à voix haute, la journaliste pose la question suivante : pourquoi sommes-nous encore présents dans les salles de spectacles, au théâtre ou au cinéma ? Qu’est-ce qui façonne notre rapport à cette cérémonie, ce rituel, que sont le spectacle et la production d’art ? Il s’agit de questions qui demeurent très personnelles et ambiguës pour plusieurs. Emilie Perreault emprunte cette avenue de réflexion avec beaucoup de sensibilité en faisant écho à des expériences personnelles, mais en mettant en scène également des individus qu’elle a côtoyés par le biais de son animation et de son travail de journaliste, qui ont eux-mêmes vécu des moments culturels transcendants au cours de leur vie.

La suspension consentie de l’incrédulité amorce une grande conversation qui englobe beaucoup d’aspects qui réfèrent à l’esprit de communauté et à la façon dont les arts vivants peuvent avoir un effet réparateur. Le sujet est rassembleur et extériorise des phénomènes humains, des inquiétudes et des angoisses collectives. Émilie Perreault est incarnée et authentique dans cette performance, tout en étant toujours portée vers l’autre. Son chapeau d’animatrice n’étant jamais bien loin, on a accès à sa perspective minutieuse et réfléchie sur des sentiments universels. Pour elle, l’art répare tout autant qu’il éblouit et c’est ce qui en fait un élément essentiel de la vie.