Hier soir, L’Olympia de Montréal ne célébrait pas seulement un anniversaire. Elle faisait ce qu’elle sait faire de mieux depuis un siècle : rassembler, faire rire, émouvoir, et surtout, ne jamais laisser le public reprendre son souffle entre deux punchlines.
Hier, c’était un feu roulant de blagues, de moments qui s’enchaînent à une vitesse folle. Un spectacle de longue haleine, portée par une brochette d’artistes d’exception, mais qui file comme un claquement de doigts. À peine le temps de savourer une blague que la suivante frappe déjà. Une soirée à l’image de l’histoire du lieu : dense, vibrante, inarrêtable.
Une scène à l’image de son époque
Animée par Anas Hassouna, la célébration réunissait un panel impressionnant d’artistes : Laurent Paquin, Christine Morency, Neev, Charles Brunet, Alexandre Forest, Mibenson Sylvain, Erickson Alisme, Jessica Chartrand, Rachelle Élie, Sinem Kara, Dave Morgan et Will Murphy.

Sur scène : de la relève, des vétérans de l’humour, des voix diverses. Femmes, hommes, jeunes, moins jeunes, artistes d’ici aux origines variées. Un groupe hétéroclite et pourtant qui fait du sens. Une photographie du milieu de l’humour d’aujourd’hui, avec ses traditions, mais aussi son énergie brute et son désir de se réinventer.
Pour célébrer l’anniversaire, des artistes mythiques absents faisaient tout de même acte de présence via des messages vidéo, comme un clin d’œil affectueux à cette salle qui en a vu passer tant, car derrière cette soirée se cache un siècle d’histoire.
Aux origines d’un lieu emblématique
Tout commence en 1925, avec la construction de l’édifice Amherst. Dès 1926, le Théâtre Amherst ouvre ses portes et s’impose rapidement comme un haut lieu du divertissement montréalais. Conçu dans un style Renaissance espagnole, le bâtiment se veut élégant, traduisant l’ambition qui le porte — devenir une référence pour le public de l’époque.

On y présente alors des projections cinématographiques et des concerts, dans une programmation riche et variée qui reflète les goûts et l’effervescence de l’époque.
Se transformer pour durer
Le temps fait son œuvre au fil des années, la salle se transforme, comme la société québécoise qu’elle accompagne. En 1969, elle devient le Théâtre Arlequin. En 1989, elle adopte finalement le nom que tous connaissent aujourd’hui : L’Olympia.
Un tournant majeur survient en 2005, lorsque la salle est rachetée et profondément rénovée. Modernisée sans perdre son cachet, elle devient un espace modulable capable d’accueillir entre 400 et 2400 spectateurs. Une métamorphose qui lui permet de rester dans la course.
Sa réouverture officielle, le 27 avril 2007, marquée par un concert de Lara Fabian, symbolise ce renouveau.

Un pilier culturel toujours vivant
Depuis, L’Olympia s’est imposée comme un pilier de la scène culturelle montréalaise, notamment en humour. Une salle où les grandes pointures comme la relève viennent tester, roder, faire sa marque.
Hier soir, tout ça était palpable.
Cent ans de scène. Cent ans d’émotions. Un bâtiment qui a vécu plusieurs vies, traversé les époques, encaissé les changements, et qui tient toujours debout. Surtout, un lieu qui ne regarde pas seulement en arrière. Parce que si le milieu de l’humour a bien des tares, il reste profondément vivant. Imparfait, oui. Mais vif. Et plein d’espoir.
Comme L’Olympia, finalement.