Le fantôme dans la machine est la plus récente création de Fanny Britt. Présentée chez Duceppe dans une mise en scène d’Alexia Bürger, cette pièce que l’autrice qualifie d’auto-science-fiction porte sur la mémoire et les vies non vécues. La première médiatique, jeudi soir, a malheureusement été interrompue au tiers de la représentation en raison d’une panne technique touchant l’éclairage. Après plusieurs minutes passées à tenter de réparer la console, l’équipe a dû se résoudre à annuler la soirée.
Une histoire sous forme d’auto-science-fiction
Dans cette œuvre mi-autobiographique, mi-fictionnelle, Fanny Britt puise dans une part assez sombre de son histoire pour amorcer une réflexion sur les vies interrompues trop tôt, la mémoire et ce qu’on fait du deuil. Fidèle à son style, aussi finement ficelé que ludique, l’autrice fait se succéder et se croiser plusieurs histoires.
Une distribution solide
Pour la partie qui a été présentée, Anne-Élisabeth Bossé offre une fois de plus un jeu d’une grande justesse dans le rôle de Rousse, la protagoniste qui emprunte une partie de l’histoire de Fanny Britt. Vingt-neuf ans après la mort de son frère, Rousse est invitée sur un plateau de télévision pour des retrouvailles aussi inattendues qu’absurdes avec lui. Son frère lui apparaît sous toutes sortes de formes, au fil de conversations interrompues, d’échanges confrontants et de souvenirs doux-amers, comme une succession de moments restés incomplets. Patrice Dubois, Simon Lacroix et Christophe Levac complètent la distribution en incarnant différentes versions du frère de Rousse, à diverses époques et dans divers contextes.
Un texte touchant et divertissant
Le fantôme dans la machine repose sur un texte qui joue sur la ligne ténue entre l’humour et l’émotion. L’autrice s’inspire de son histoire la plus intime et s’amuse à brouiller la frontière entre le vécu et la pure fabulation, ce qui donne une pièce écrite avec sensibilité, qui demeure très divertissante.
Le fantôme dans la machine est présentée chez Duceppe jusqu’au 28 novembre. Les billets et les dates sont offerts sur le site web du théâtre. En attendant d’y retourner pour la voir en entier, on peut déjà dire que la pièce propose une réflexion intime et juste sur le deuil, portée par l’écriture toujours brillante de Fanny Britt.

