Dès le 28 mai, le Festival TransAmériques lance sa 20e édition avec l’ambition rare de cartographier la vitalité artistique du continent. Pendant deux semaines, jusqu’au 10 juin, Montréal devient le point de convergence d’une géographie créative qui s’étend du Kirghizistan à Buenos Aires, de New York à São Paulo. Vingt-cinq spectacles, dix-huit pays, plus de deux cents artistes : le FTA affiche une fougueuse diversité qui déjoue frontières et étiquettes.

La programmation refuse les catégories. Une joute verbale entre James Baldwin et William F. Buckley à Cambridge. Une satire écologique où deux créatures mi-vivantes mi-mortes décortiquent le mythe du vampire. Une hallucination aux confins du réel menée par Marie Brassard. Une pièce documentaire où une mère mexicaine devient le prétexte à une réflexion sur la précarité et l’art de survivre. Une interrogation chorégraphiée sur la propriété d’un mouvement de danse volé aux communautés noires. Danse et théâtre s’entrelacent, texte et mouvement se croisent, enjeux politiques et poésie cohabitent.

L’édition 2026 brouille aussi les frontières des espaces. Pas seulement des salles de théâtre. La programmation investira les abords d’une piscine, d’un terrain de basketball, les esplanades. La Feria FTA, du 29 au 31 mai sur l’esplanade Tranquille, transformera la fin de semaine en marché festif gratuit où l’on peut danser, déambuler, voyager sous les étoiles. C’est une invitation à sortir des fauteuils, à se laisser traverser par le spectaculaire du vivant.
Cette édition assume pleinement son engagement politique. Les questions qui traversent la programmation sont celles qui fracturent le continent : le racisme systémique, l’héritage colonial, la violence faite aux minorités, l’écologie, l’exploitation. Ces spectacles ne racontent pas ces réalités de loin ; ils les incarnent, les dansent, les cient sur scène. Ils refusent la distance confortable.

Pour qui aime les arts du spectacle comme forme de pensée, comme moyen de poser les vraies questions sans prétendre aux vraies réponses, le FTA 2026 sera une traversée nécessaire. Cent dix représentations, dont neuf gratuites, quarante-cinq terrains de jeu : il y a mille façons d’y entrer.
Le festival commence dans moins d’un mois. À vos calendriers!