La pièce Les gens, les lieux, les choses est présentement à l’affiche chez Duceppe et s’inscrit dans la talle des objets de culture qui marqueront certainement la saison théâtrale 2024-2025. Le texte est adapté et traduit par David Laurin d’après l’oeuvre People, places, and things, une création du dramaturge britannique à succès Duncan Macmillan.

Des performances magistrales
Anne-Élisabeth Bossé est troublante de vérité et entière dans le rôle d’Emma, comédienne aux prises avec un problème grandissant de dépendance aux drogues et à l’alcool. C’est alors qu’Emma se rend en centre de désintoxication, un soir où la noirceur la rattrape, qu’elle amorcera sa relation avec la réhabilitation, le sevrage et la découverte de sa propre vérité. Entière dans toute sa fougue et brisée à la fois, la jeune toxicomane cherche l’absolu. Dans l’univers du centre médical, comme dans son propre narratif, elle cherche où se déposer pour se reconstruire.
Anne-Élisabeth Bossé est rien de moins que magistrale dans ce rôle qui nous donne accès à son immense registre de jeu. Des dédalles de la dépendance, de la déchéance, à la quête d’un renouveau, Emma entreprend sa démarche de guérison au centre, guidée par une médecin, et puis une thérapeute, toutes deux interprétées par Maude Guérin avec tout l’aplomb qu’on lui connaît. Charles Roberge est aussi particulièrement juste et habile dans le rôle de Tommy, un résident du centre médical qui développera une relation particulière avec Emma.

Une mise en scène foudroyante
L’élément qui donne à la pièce toute son immensité est sans aucun doute la mise en scène, minutieusement orchestrée par Olivier Arteau. Le directeur artistique du Trident a injecté dans cette mise en scène toute la fougue, la passion et le sens du rythme qui épousent parfaitement l’aspect percutant du texte. La superposition des couleurs et les images vaporeuses sont brillamment exécutées, à nous en faire perdre la notion du temps, et nous faire perdre pied entre réel et euphorie. L’intégration de performances de danse et de mouvement illustrent avec beauté la relation amour-haine qu’entretient Emma avec les psychotropes. Elle danse, jusqu’à frôler le déclin, s’enferme dans leurs pièges, embrasse leurs frissons.
Visuellement, on a droit à une forme de chaos coordonné, parfois bouleversant, parfois éblouissant. La fine ligne entre le vide et le trop plein. Les couleurs s’enboîtent, les effets stroboscopiques se succèdent. Tout s’allume et tout s’éteint en même temps. Il y a quelque chose de franchement poétique dans cette création visuelle.

Pour une expérience immersive complètement marquante, il faut se rendre chez Duceppe pour voir Les gens, les lieux, les choses. Plusieurs représentations se succèderont jusqu’au 12 octobre prochain. Pour plus de détails, visitez le site web.