Trip : la contre-culture et l’esprit de solidarité

Créée initialement à Espace Libre par le dramaturge Mathieu Quesnel en 2020, la pièce Trip avait été interrompue prématurément après seulement quelques représentations, en raison de la pandémie. C’est cette saison que l’œuvre peut enfin être livrée au public, cette fois sur les planches de La Licorne.

La Beat Generation et ses influences

L’œuvre met en lumière le parcours du personnage de Lucie Sauvé D’Amours, dont les initiales font évidemment référence à la substance psychédélique. Lucie fait partie d’un groupe d’entraide pour personnes dépendantes, dans lequel elle a entraîné son père, sa médium et son psychologue. Le groupe, composé de Lucie et de ses proches ainsi que d’une foule de personnages éclectiques, s’efforcera de créer un spectacle illustrant l’essence anticonformiste et fougueuse de la contre-culture des années 1960. Évoquant, entre autres, les mots et l’esprit de Jack Kerouac et de Ken Kesey, la troupe produira une création pleine de folie et de contradictions, sous le thème de la Beat Generation.

Crédit photo : Suzane O’Neill

Une mise en scène vive

La pièce met en scène une multitude d’interprètes qui se passent le relais de la parole à un rythme effréné, enchaînant des moments de comédie parfois absurdes et des chansons interprétées en direct. Yves Jacques, Éric Bernier et Joanie Martel se démarquent particulièrement au sein du grand groupe d’interprètes. La mise en scène, conçue par Mathieu Quesnel, est très vive, colorée et assez chargée. On passe d’une scène à une autre en multipliant, entre autres, les jeux de caméras, les déplacements, le jeu physique, les performances musicales.

D’une durée de 1 h 55, la pièce présente quelques longueurs, notamment lorsque l’on mise à quelques reprises sur des ressorts comiques un peu trop attendus. Trip propose une sorte de grand voyage qui peut à la fois fasciner ou déstabiliser, tout en invitant le public à s’interroger sur l’esprit de solidarité, la mémoire et la mort. C’est une œuvre divertissante et assez lumineuse dans son ensemble. Plusieurs éléments sensoriels sont incorporés à la pièce, ce qui ajoute à l’aspect multiforme de l’oeuvre.

Crédit photo : Suzane O’Neill

Trip promet aux spectateurs un moment ludique ponctué d’émotions. La pièce est à l’affiche de la salle La Grande Licorne jusqu’au 26 septembre.