Tupqan – Nos territoires intérieurs : mémoire, territoire et humanité

Une oeuvre collective intitulée Tupqan – Nos territoires intérieurs est présentement à l’affiche chez Duceppe. Cette création originale est signée par Ondinnok, en collaboration avec Menuentakuan et Production Auen. Le texte de Dave Jenniss et Xavier Huard est mis en scène par Soleil Launière.

Dans la petite ville de Whitefish, un objet sacré et symbole de la communauté, le wampum, a été mystérieusement volé il y a plus de trois décennies. La disparition de la sœur de Polam est survenue à peu près au même moment que celle de l’objet sacré. Ces deux événements, qui semblent liés, deviennent le point de départ d’une quête pour Polam.

Plus de trente ans après les faits, il tentera de se faire élire à la chefferie du conseil de bande. Sa démarche prendra peu à peu une tournure plus personnelle, l’amenant à replonger dans le passé et à affronter certaines zones d’ombre qui entourent ces événements.

Crédit photo : Danny Taillon

Tensions politiques, spiritualité et territoire

Les discordes politiques et les tensions entre les membres de la communauté se font sentir alors que cette histoire pousse Polam à repenser plusieurs aspects de sa vie, notamment sa spiritualité et son attachement à sa famille et à sa communauté. En partant à la recherche de sa soeur disparue, tout en tentant de retrouver le wampum, il se retrouve confronté à des failles familiales et en vient à remettre en question son désir de représenter la communauté.

Tupqan, qui signifie « terre » dans la langue wolastoqey, met en relief toute l’importance du territoire et la façon dont il est façonné et chéri par la communauté de Whitefish.

Une mise en scène vaporeuse et intimiste

La mise en scène signée Soleil Launière est gracieuse et vaporeuse. On ressent une grande poésie dans son mouvement. Plutôt intimiste, elle laisse toute la place à la richesse des images et à la force de cette histoire de communauté. La beauté dans la pluralité des 7 langues autochtones exprimées sur scène est un élément phare de l’attrait de la pièce.

La musique envoûtante de CHANCES est mise de l’avant de façon très poétique et ajoute beaucoup de dimension à l’aspect spirituel et à la profondeur des textes.

Crédit photo : Danny Taillon

L’interprétation est assurée par Ines Talbi, Sharon Fontaine Ishpatao, Kevin Deer, Sylvie Drapeau, Jeanne Moreau-Vollant, Étienne Thibeault, Saulnia Jean-Pierre et Alexia Vinci, qui portent avec fougue, justesse et passion ces textes empreints d’humanité. Jeanne Moreau-Vollant livre notamment une performance d’une poésie assez frappante.

Les représentations de Tupqan – Nos territoires intérieurs se poursuivent chez Duceppe jusqu’au 4 avril
prochain. Bon spectacle !