Nous avons assisté en famille à la première de Vincent et la Prophétie des Mers au Cinéma StarCité, avant sa sortie en salle au Québec le 4 septembre. J’étais curieuse de découvrir cette production d’animation à laquelle ont participé plusieurs artisans d’ici et qui réunit de nombreuses voix québécoises, dont Louis-Julien Durso, Marc Labrèche, Ludivine Reding et Anne Dorval.

Écrit et réalisé par Reza Memari, coréalisé par Steven Majaury, le film raconte l’histoire de Vincent, une jeune baleine à bosse orpheline. Son père était le dernier Chanteur des Mers, dont le chant magique protégeait autrefois les océans. Lorsque le monstrueux Léviathan est libéré et menace la vie marine, Vincent doit affronter ses peurs et trouver sa propre voix.
Mon avis
Sachant qu’une partie du travail a été réalisée au Canada, notamment l’animation sous-marine par Agora Studio et le travail sonore chez MELS, j’ai été agréablement surprise par le résultat. Visuellement, le film est réussi, et l’univers marin est probablement ce qui m’a le plus plu.
J’aurais toutefois aimé que l’identité canadienne se manifeste davantage dans l’histoire. Avec un récit se déroulant dans les océans, je m’attendais à retrouver un peu plus de notre faune ou de notre environnement, mais les animaux marins présentés restent assez communs.
Pour ma part, j’ai beaucoup aimé Darya, une jeune orque sourde. Son handicap fait partie d’elle sans devenir toute son identité : elle est surtout présentée comme une alliée courageuse et forte, une belle intégration d’un personnage en situation de handicap dans un film pour enfants.

Réactions de mes enfants
Dès le début du film, Vincent se heurte au deuil de ses parents, perdus soudainement. Ça a occupé et inquiété mes enfants une grande partie du film : pourquoi ses parents sont-ils morts, vont-ils revenir, Vincent va-t-il maintenant avoir une nouvelle famille?
Mes garçons ont ri à quelques reprises, ils ont adoré le personnage de concombre de mer qui fait caca à tout bout de champ.
Ils ont aussi eu peur à plusieurs moments. Mon fils de 3 ans me l’a répété maintes fois, et j’ai dû le prendre dans mes bras lors des apparitions du Léviathan et de certaines scènes plus sombres. Lorsque j’ai demandé à mon fils de 7 ans ce qu’il en avait pensé, il a surtout retenu les scènes qui lui avaient fait peur, plus que l’histoire elle-même.
Chaque enfant a évidemment une sensibilité différente, mais c’est un élément à considérer pour les tout-petits.

Vincent et la Prophétie des Mers offre un bel univers visuel et une occasion d’encourager un film d’animation auquel ont contribué plusieurs artistes d’ici. L’histoire demeure assez prévisible, et certains thèmes, comme le deuil et la quête de sa voie intérieure, auraient gagné à être approfondis, mais globalement le voyage sous-marin est réussi.
Vincent et la Prophétie des Mers sera en salle au Québec dès le 4 septembre 2026.